Là où croît le péril…croît aussi ce qui sauve – Hubert Reeves

D’un astrophysicien, il faut s’attendre à lire des choses sur l’univers. Donc acte : il l’appelle la belle histoire. C’est tout ce qui se passe avant que nous, êtres humains, sommes arrivés.

Il nous fait voyager à travers des milliers d’années lumière, de big-bang en matière sombre, d’énergie sombre aux formes des orbites, en passant par des millions de météorites, et de nombreuses pages très cosmiques, pour arriver à l’oxygène, le carbone, l’azote et surtout, la capacité des algues à faire la photosynthèse.

Et ensuite, il nous parle de « la moins belle histoire » qui parle du comportement de notre espèce vis-à-vis de la planète, des non humains, et même des humains. De l’usage que notre intelligence supérieure nous a permis de développer en techniques surtout destructives.

Mais enfin, Hubert Reeves choisi l’optimise, et nous parle du « Réveil vert » et de la prise de conscience de nos comportements dévastateurs, et de la nécessité de sauvegarder la biodiversité. Il donne des exemples de sauvetages « in extremis », comme celui des baleines bleues, des bisons, des loups, de la vigogne (une sorte de chameau), de l’azuré du serpolet, du condor de Californie.

Il dit « notre tâche maintenant est de préserver le potentiel encore existant et de favoriser ses possibilités d’évolution ». Il parle de la trame verte et bleue, qui permet de ne pas seulement parquer la nature dans des territoires définis, mais de faciliter les déplacements des animaux et des plantes dans les continents.

Une dernière citation : « Les gestionnaires d’un parc américain ont récemment modifié les panneaux qui accompagnent les massifs de fleurs. La version initiale était : ‘Ne cueillez pas ces fleurs. Vous en priveriez d’autres visiteurs.’ La nouvelle version est : ‘Ne cueillez pas ces fleurs. Tout comme vous, elles ont le droit d’exister’. «

Il termine en nous parlant d’éthique de la Terre. Il raconte qu’avant de tuer un ours, les Amérindiens lui disaient « Excuse-nous, mais c’est toi ou nous », et que les poulets en batterie n’ont pas droit à ces égards. Il nous dit que la violence que l’être humain fait subir à la nature est la même que celle qu’il fait subir à ses congénères, pour l’appât du gain immédiat par la saisie brutale, et compare l’esclavage aux traitements des animaux.

Il dit que nous nous respecterons entre humains lorsque nous respecterons les non-humains, et que c’est l’ultime examen de passage de notre intelligence supérieure.

Un livre réaliste mais qui laisse la porte ouverte à l’espoir, à la possibilité d’un progrès dans nos relations avec la planète.

A lire. On apprend beaucoup sans que ce soit lourd.

Ed Seuil ISBN 978-2-02-111890-2 prix au lancement en 2013 17€

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